REPowerEU : l’indépendance énergétique peine à prendre son envol

REPowerEU peine à convaincre les États membres de l'UE dans la mobilisation d'investissements pour son indépendance énergétique comme le rapporte la Cour des comptes européenne.

REPowerEU peine à motiver les États membres de l'Union européenne en matière d'investissements pour son indépendance énergétique vis-à-vis de la Russie, entre autres.

Ne pas bouder son plaisir. Voilà précisément une expression que beaucoup de pays européens semblent ne pas appliquer face aux 300 milliards d’euros d’investissements mobilisés dans le cadre du plan REPowerEU. C’est en tout cas le constat dressé par un audit de la Cour des comptes européenne.

Présenté en mai 2022, REPowerEU visait à réduire la dépendance énergétique de l’Union européenne vis-à-vis de la Russie grâce aux 5 pistes suivantes : la diminution progressive des importations de combustibles fossiles, l’accélération du déploiement des énergies propres, le renforcement de l’interconnexion entre les réseaux européens, la diminution de la consommation d’énergie et l’anticipation face à une pénurie d’énergie.

Pour l’heure, le plan ne soulève pas les foules : un peu plus de 54 milliards d’euros ont été utilisés, soit moins d’un cinquième des financements prévus. Les auditeurs pointent un manque d’outils de gouvernance efficaces, ce qui rend difficile le suivi de la mise en œuvre du plan ainsi que son impact concret. Ils soulignent également que les fonds déjà utilisés n’ont joué qu’un rôle mineur dans la réduction de la dépendance au pétrole et gaz russes.

Peu de pays ont utilisé REPowerEU. Pourtant, les différents États membres devaient le mettre en œuvre à travers leurs plans nationaux en matière d’énergie et de climat mais la majorité d’entre eux n’intègrent ni actions ni objectifs pour y contribuer. Bien que le plan ait soutenu nombre de projets importants, son impact sur les énergies renouvelables reste anecdotique si l’on en croit la capacité supplémentaire créée, à savoir 20 GW attribués au plan, loin de l’objectif de 103 GW. Pour ce qui est des interconnexions, les résultats ne sont pas bien plus reluisants : à peine trois mesures REPowerEU ont été recensées dans deux États membres, dont une a même été abandonnée…

Pour concrétiser les ambitions, la Cour des comptes européenne propose 5 recommandations afin de passer à l’action :

  • Renforcer les plans nationaux énergie-climat (PNEC) pour en faire des outils de mise en œuvre, intégrant des investissements identifiés, des mesures concrètes avec des échéances et un suivi fiable.
  • Améliorer le suivi du financement REPowerEU en demandant aux États membres de fournir annuellement des informations exhaustives sur les budgets et les sources financières mobilisées.
  • Garantir un usage plus efficace des fonds européens pour la transition énergétique, grâce à des objectifs clairs et mesurables, des calendriers réalistes.
  • Mieux coordonner les projets énergétiques menés entre plusieurs pays européens.
  • Mieux mesurer les progrès de REPowerEU grâce à des indicateurs de performance clairs et quantifiables et à des données nationales fiables et comparables.

La remobilisation est plus que jamais importante face aux récentes tensions géopolitiques au Moyen-Orient dont le contrecoup sur l’énergie se fait sentir.

Dans un contexte marqué par les tensions géopolitiques au Moyen-Orient et leurs impacts sur le secteur de l’énergie, la sécurité énergétique européenne reste plus que jamais une question stratégique.

Il faudra donc une remobilisation sérieuse autour de REPowerEU et la transformer en investissements concrets. Le rapport est à lire ici.