L’Europe risque de freiner sa transition énergétique : 120 GW de projets renouvelables pourraient rester bloqués faute de réseaux adaptés.
Plusieurs bilans pour l’année 2025 ont démontré que les énergies renouvelables continuaient leur ascension en Europe, prenant des parts toujours plus importantes dans les divers mix électriques nationaux. S’il est évident que c’est une bonne chose, il ne faut pas pour autant oublier une problématique souvent évoquée lorsqu’on parle de cet essor : le manque d’adaptation des réseaux électriques pour absorber tout cela.
Les développer reste un défi, mais il faudra pourtant le relever puisque, d’après un rapport du groupe de réflexion Ember, 120 GW de projets de production renouvelable sont en péril faute de raccordements futurs. La viabilité de ces projets est déjà mise à mal actuellement pour plus d’un pays sur deux en Europe, les contraintes les plus importantes ayant été identifiées en Autriche, en Bulgarie, en Lettonie, aux Pays-Bas, en Pologne, au Portugal, en Roumanie et en Slovaquie. Dans les conditions actuelles, moins de 10 % des projets prévus sur ces territoires pourraient être raccordés d’ici 2030.
Si nous nous arrêtons sur le solaire résidentiel par exemple, 1,5 million de foyers pourraient faire face à des retards de raccordement.
Un des problèmes majeurs ? L’anticipation car on le sait depuis plusieurs années déjà : la cadence de développement des réseaux électriques n’a pas coïncidé avec celle de la transition énergétique, faute d’investissements suffisants. L’Europe ayant seulement commencé à essayer de résoudre ces difficultés en 2023 avec le Grid Action Plan, par exemple.
Le principal décalage entre les ambitions de développement des énergies renouvelables et la capacité actuelle du réseau se situe au niveau du transport, où l’on observe un déficit de 104 GW dans dix des 17 pays ayant fourni des données.
Dans cet état des choses, nous n’avons plus le luxe de pouvoir remettre l’adaptation des réseaux électriques européens à plus tard puisque selon l’analyse d’Ember, si on compare la capacité actuelle du réseau aux prévisions de déploiement des renouvelables, le manque de capacité pourrait se faire sentir de façon tout à fait concrète et très rapidement, d’ici 2028 déjà.
Une des solutions, et sans grande surprise, reste les efforts d’investissements à faire afin de renforcer et moderniser les réseaux électriques, qu’il s’agisse de déploiement de nouvelles infrastructures ou d’amélioration de celles qui existent déjà.
Les technologies d’optimisation du réseau et les approches de raccordement plus flexibles pourraient libérer jusqu’à 185 GW.