Le développement de certains usages électriques, ces dernières années, annoncent une forte augmentation des besoins en électricité selon l’Agence Internationale de l’Énergie.
Hausse de la consommation d’énergie du secteur de l’industrie, des véhicules électriques, de la climatisation dans certaines régions du monde et déploiement intensif des centres de données : soit les sources principales de l’augmentation de la demande mondiale d’électricité. Et cela devrait continuer de façon stable d’ici la fin de la décennie avec un rythme annuel de + 3,6 %. C’est ce que nous partage l’AIE dans un récent rapport.
En 2025, cette même demande a connu une croissance de 3 %, reculant légèrement par rapport à l’année précédente et ses +4,4 %. Mais il ne faut pas se laisser tromper par ce ralentissement puisque, dans les cinq années à venir, la demande en électricité devrait être deux fois plus élevée que la décennie précédente.
Pour la première fois depuis 30 ans, et sans compter les périodes de crise, la demande mondiale d’électricité a surpassé la croissance économique en 2024. D’ici 2030, la consommation électrique devrait augmenter 2,5 fois plus vite que la demande totale en énergie.

Et ce sont les économies émergentes qui seront les plus gourmandes avec une croissance prévue de 80 % de la consommation d’électricité. Une augmentation prenant principalement source en Inde et en Asie du Sud‑Est, due au déploiement de systèmes de climatisation. La Chine quant à elle comptera pour environ 50 % de l’augmentation mondiale.
Pour ce qui est des économies dites avancées, la croissance de la demande d’électricité redémarre après 15 ans d’immobilité. En 2025, elles représentaient plus ou moins 20 % de la croissance mondiale de la demande, contre 17 % en 2024.
Dans l’Union européenne, après une augmentation inférieure à 1 % l’année passée, la demande en électricité devrait progresser d’environ 2 % annuellement d’ici 2030. Outre Atlantique, les États‑Unis enregistrent une hausse de la demande d’un peu plus de 2 % en 2025, elle devrait continuer sur sa lancée avec environ 2 % par an, dont la moitié liée aux centres de données.
D’où viendra toute cette énergie ?
La moitié de l’électricité mondiale devrait provenir des renouvelables et du nucléaire dans les années à venir. Additionnées, les différentes sources de production renouvelable dépassent déjà celle au charbon. Les prévisions de l’AIE se chiffrent à environ 1 000 TWh de croissance par an jusqu’en 2030, avec le photovoltaïque en tête de file comptant pour plus de 600 TWh de cette augmentation. Ensemble, les énergies renouvelables et le nucléaire devraient fournir environ 50 % de l’électricité mondiale pour la même période.
Cependant, le fait que le total de la production renouvelable dépasse celle au charbon ne doit pas nous faire oublier, qu’à échelle individuelle, ce dernier restera encore la première source, selon les prévisions pour 2030.
Ces différents constats posent la question de la capacité des réseaux électriques à pouvoir rapidement se développer afin d’absorber d’une part le surplus de la production renouvelable, de l’autre à pouvoir répondre à la demande toujours plus intense, tout en étant flexible à l’évolution du mix électrique.
La production solaire et éolienne devrait passer de 17 % actuellement à 27 % en 2030. Comme mentionné en introduction de cet article, de nouveaux usages électriques devraient croître rapidement. Selon l’AIE, plus de 2 500 GW de projets sont bloqués faute de raccordement et d’investissements suffisamment anticipés.
Déjà souvent pointé du doigt et répété, le développement des infrastructures électriques doit bénéficier de soutiens financiers plus importants et de facilitations réglementaires pour pouvoir libérer plus rapidement cette capacité en attente, dont 1200 à 1600 GW de ces projets déjà avancés mais bloqués.
La forte hausse de cette demande doit nous interpeler sur nos besoins réels et surtout nous rappeler que la meilleure énergie : c’est celle que nous ne consommons pas.
L’intégralité du rapport est à découvrir ici.