La crise énergétique a alourdi les factures théoriques des ménages belges de 150 %. Malgré le tarif social, la vulnérabilité énergétique persiste pour certaines catégories de ménages.
C’est le constat que nous partage la CREG, suite à une étude menée, à sa demande, par l’Institut de Gestion de l’Environnement et de l’Aménagement du Territoire de l’Université libre de Bruxelles. Celle-ci se concentre sur la période de 2018 à 2024 et permet une comparaison entre :
- 2018-2020, soit la période qui a précédé la crise énergétique et où les prix étaient encore relativement bas ;
- 2021-2022, l’époque de ladite crise avec une hausse importante des prix de l’énergie où les factures théoriques ont grimpé de 150% par rapport à 2020 ;
- 2023-2024, et la baisse progressive des prix avec un retour en 2024 à des niveaux de factures proches de ceux de 2018.
Quels enseignements tirés de cette étude ?
Comment la crise énergétique a-t-elle impacté les dépenses des ménages belges ?
En 2022, les factures théoriques d’électricité et de gaz subissaient une hausse de plus ou moins 150 % par rapport à 2020. Même si les prix ont ensuite baissé petit à petit, les dépenses réelles ont moins augmenté que les factures théoriques, suggérant une adaptation de la consommation des ménages pour faire face à cette hausse. En jouant le rôle de bouclier pour ses bénéficiaires, le tarif social a limité la hausse de leurs factures dont le montant théorique n’a progressé « que » de 40 % entre 2020 et 2023, soit un impact beaucoup plus limité par rapport aux autres ménages.
De quoi dépend le risque de vulnérabilité énergétique ?
Le poids de l’énergie dans le budget ne dépend pas juste du niveau des prix, mais aussi des revenus à disposition, de la composition du ménage et des caractéristiques du logement. Les personnes isolées de moins de 65 ans sont les plus exposées, avec un taux de vulnérabilité de 21,2 %, suivies des ménages monoparentaux (20,1 %) et des personnes isolées de plus de 65 ans (13,8 %). Le fait d’être locataire ou propriétaire influence également ce risque puisque les locataires sont trois à quatre fois plus souvent confrontés à la vulnérabilité énergétique que les propriétaires.
Le tarif social protège-t-il vraiment les ménages les plus modestes ?
70 % de ses bénéficiaires font partie des 30 % des ménages aux revenus les plus faibles. Un constat qui indique que le tarif social bénéficie effectivement aux ménages plus particulièrement exposés aux difficultés financières. Mais il faut souligner que ses bénéficiaires restent trois fois plus touchés par la vulnérabilité énergétique que les autres ménages, car ils se trouvent dans une situation financière de départ bien plus fragile. Et sans ce mécanisme de protection, leurs difficultés seraient très, en toute vraisemblance, plus importantes.
L’étude attire l’attention sur la nécessité de mieux identifier les ménages vulnérables afin d’adapter les réponses aux éventuelles futures crises énergétiques. La CREG met en évidence un lien entre l’évolution des dépenses énergétiques et celle de la vulnérabilité : lorsque les dépenses augmentent, les difficultés s’accentuent. Le développement d’un nouvel indicateur de vulnérabilité énergétique doit ainsi permettre de mieux cerner les profils les plus exposés et de préciser les mesures de soutien. Au-delà de l’évolution des prix, l’enjeu est donc de prendre en compte l’ensemble des facteurs qui fragilisent les ménages.
Découvrez l’étude de la CREG dans son intégralité ici.