Les coopératives citoyennes d’énergie offrent en Wallonie une alternative au développement éolien classique en associant directement citoyens et pouvoirs locaux aux projets.
En Wallonie, le développement éolien est principalement porté par des entreprises privées, et en en deuxième rangs par des communes et intercommunales. Cependant, une troisième alternative existe : la coopérative citoyenne d’énergie.
Qu’est-ce qu’une coopérative ?
Une coopérative est une entreprise détenue collectivement par ses membres qui se regroupent pour répondre à un besoin commun. Contrairement aux sociétés classiques, où le pouvoir dépend du capital investi, une coopérative fonctionne selon le principe « une personne = une voix », ce qui garantit un fonctionnement démocratique. Les bénéfices ne sont pas orientés vers le profit individuel, mais réinvestis dans l’activité, dans de nouveaux projets ou partagés équitablement entre les membres. L’objectif principal n’est pas la maximisation du gain financier, mais l’utilité collective.
Lorsqu’on applique ce modèle au domaine de l’énergie, cela donne une coopérative citoyenne d’énergie. Ici, les membres s’unissent pour produire et gérer de l’énergie renouvelable (éolienne, solaire, hydroélectrique…). Ces coopératives permettent ainsi aux citoyens de devenir acteurs, et non de simples consommateurs, de l’énergie produite localement. Les coopératives contribuent également à l’acceptation de l’éolien : il est nettement plus acceptable de voir des éoliennes construites dans sa région lorsque l’on est impliqué dans le développement du projet et bénéficiaire direct de sa production.
En pratique en Wallonie
En Wallonie, les coopératives citoyennes d’énergie sont nombreuses et structurées autour de REScoop Wallonie, qui fédère une vingtaine de coopératives actives dans l’éolien, le solaire, l’hydroélectricité ou la biométhanisation, regroupant plus de 23 000 coopérateurs·trices et environ 102 MW de capacités installées. Parmi les plus actives, on retrouve notamment Émissions Zéro, Courant d’Air, CLEF, Nosse Moulin, ou encore Courant d’Air. Pour permettre aux citoyens de consommer l’électricité produite par ces coopératives, celles-ci ont créé COCITER, le fournisseur d’électricité 100 % coopératif et 100 % vert, fondé par plusieurs coopératives de production et fonctionnant en circuit court : les coopérateurs financent la production, les coopératives vendent leur électricité à COCITER, et celui-ci alimente les membres à prix maîtrisé.
Les coopératives wallonnes développent des projets éoliens de deux manières : soit en co‑investissant dans des parcs existants auprès de développeurs privés ou publics, soit en portant elles‑mêmes la construction de nouvelles éoliennes sur leur territoire, parfois en partenariat avec des communes.
Une dynamique active
Depuis février 2025, la Wallonie impose d’ailleurs une participation citoyenne et publique obligatoire pour les nouveaux projets éoliens soumis à réunion d’information préalable (RIP) : les porteurs de projet doivent ouvrir au minimum 24,99 % du capital aux citoyens et 24,99 % aux pouvoirs locaux, et démontrer cette ouverture dans le dossier de permis. Sans ces rapports ou sans respect des seuils, la demande peut être déclarée incomplète ou pénalisée dans l’instruction des projets concurrents. Ce cadre légal renforce le rôle des coopératives et consolide le modèle de l’éolien citoyen comme une composante essentielle de la transition énergétique wallonne.
Bien que ne représentant actuellement que 5.5% de la puissance éolienne installée, soit 91MW, les éoliennes citoyennes sont au goût du jour. En effet, le secteur citoyen affiche un taux de croissance de 8% en moyenne sur les dernières années, valeur identique aux projets des géants industriels !