Depuis le 1er janvier 2026, les tarifs de distribution comportent quelques nouveautés pour les compteurs de moins de 56 kVA de puissance de raccordement.
Nous vous parlions déjà du changement d’horaire du bihoraire il y a quelques semaines. A côté de cela, il y a également l’arrivée du tarif « Impact » qui est composé de 5 plages horaires et 3 tarifs différents. Le tarif Impact nécessite d’avoir un compteur communicant.
Notre analyse se concentre sur les économies des différents tarifs en fonction des profils de ménages avec ou sans production photovoltaïque.
Cet article ne traite pas des prosumers bénéficiant du système de la compensation (compteur qui tourne à l’envers), mais bien du système de la vente de l’injection.

Le tarif Impact
Étant donné que les fournisseurs d’énergie n’ont pas (encore) de contrat qui se calque sur les mêmes plages horaires que le tarif de distribution Impact, les plages horaires de votre contrat d’énergie seront différentes de celles de vos frais de distribution. Ce n’est pas problématique, mais si vous optez pour le tarif Impact, il sera préférable de choisir le bihoraire pour la partie fourniture puisque les plages horaires sont très similaires. Le graphique ci-dessous présente les tarifs de distribution en vigueur chez ORES pour l’année 2026 :

Le tarif Impact permet donc de bénéficier de prix très avantageux lors des heures vertes, avec le risque de payer un prix plus élevé lors des heures rouges. En le choisissant, il faudra donc veiller à éviter de consommer entre 17h et 22h.
Quel tarif choisir ? Analyse économique quantitative
Nous avons réalisé des simulations sur un grand nombre de profils réels de consommation (plusieurs milliers), et créé différents profils de ménages en fonction de leur consommation et éventuelle production photovoltaïque. Pour la consommation, nous avons prévu des profils avec présence de production d’eau chaude sanitaire (ECS) électrique et/ou la charge d’un véhicule électrique (EV).
Les résultats sont repris dans le tableau suivant sous la forme de réduction (en %) sur la facture TOTALE d’électricité (en incluant toutes les composantes et redevances annuelles).

Concernant le tarif bihoraire :
- Le bihoraire est plus attractif que le monohoraire dans tous les scénarios envisagés pour au moins 95% des ménages étudiés.
- C’est également vrai pour ceux disposant de panneaux PV. Les anciennes plages horaires du bihoraire étaient moins compatibles avec une installation PV, les nouvelles sont avantageuses dans ce cas de figure.
- Les réductions sont plus élevées lorsque le ménage dispose d’appareils électriques dont une grande partie de la consommation peut aisément être programmée lors des heures creuses.
Concernant le tarif impact :
- Les réductions sur la facture sont plus importantes que celles observées pour le tarif bihoraire : en moyenne elles sont environ deux fois plus grandes que celui-ci.
- Ces réductions touchent une très large majorité des profils résidentiels wallons et rendent le tarif Impact très attractif, même pour des ménages sans appareils électriques flexibles (ECS ou EV).
Remarque : ces simulations utilisent des profils réels qui n’ont pas fait d’effort pour déplacer certaines de leurs consommations (ex : lave-vaisselle, machines à laver, …) pendant les nouvelles plages horaires avantageuses (sauf pour l’ECS électrique et les EV). De ce fait, on peut même espérer que ces changements de comportement augmentent davantage les réductions de facture que l’on observe dans notre analyse.
Et qu’en est-il pour les commerces ?
Pour rappel, seuls les compteurs dont le raccordement électrique est inférieur à 56 kVA ont la possibilité de choisir le tarif Impact, et certains commerces dépassent ce seuil.
Concernant les profils professionnels, nous avons étudié deux profils de commerces : avec et sans appareils frigorifiques. Les résultats sont similaires, à savoir que le bihoraire et l’Impact permettent des économies.
Cependant, le secteur des clients professionnels est extrêmement varié en types d’activités et, en conséquence, de profils de consommation électrique. Ces résultats représentent donc une tendance du secteur, mais ne sont donc pas facilement généralisables. Il vaut mieux analyser cela au cas par cas.
Conclusion
Depuis janvier 2026, les tarifs bihoraire et impact sont, sauf exceptions, très largement préférables au tarif monohoraire, et ce pour beaucoup de profils de consommation, et même pour les prosumers bénéficiant du régime de la vente de l’injection.
Cette évolution s’inscrit dans un changement de paradigme : les utilisateurs du réseau vont de plus en plus être incités à consommer à des heures qui participent à l’intérêt du réseau. Non seulement cela va permettre de réduire ou délayer des investissements de renforcement du réseau (et donc réduire ses coûts), mais aussi permettre des économies à bon nombre d’utilisateurs.
En clair, on est tous gagnants à adopter un tarif bihoraire ou Impact, et à adapter nos comportements à ces nouvelles plages horaires.