Prix négatifs de l’électricité : de quoi s’agit-il ?

Les prix négatifs de l'électricité ont battu des records en Belgique en 2025

De plus en plus fréquents, les prix négatifs de l’électricité ont battu des records en Belgique l'année passée. Mais ce phénomène profite-t-il vraiment aux consommateurs ?

Il est de plus en plus fréquent d’entendre parler de prix négatifs de l’électricité. En Belgique, ces prix ont été négatifs 6.1% du temps en 2025, un record. Mais comment cela impacte-t-il la facture du consommateur ?

Pourquoi et comment les prix chutent sous 0

Sur le marché de gros de l’électricité, c’est-à-dire le marché sur lequel les producteurs et fournisseurs d’électricité achètent et vendent, les prix sont fixés par une mécanique d’offre et de demande (avec des spécificités propres aux contraintes techniques). Les prix peuvent varier chaque intervalle d’une heure ou de 15 minutes.

Si la demande en électricité est relativement faible, comme elle peut l’être par exemple durant les weekends, et que les conditions météorologiques sont favorables à de la production importante d’énergie renouvelable (ciel dégagé et vent soutenu), la production d’électricité peut excéder la demande.

Cependant, l’équilibre entre consommation et production est critique pour le bon fonctionnement du réseau électrique. Réduire rapidement la production n’est pas toujours possible ou économiquement optimal, notamment pour certaines centrales nucléaires, biomasse ou thermiques, pour lesquelles l’arrêt et le redémarrage engendrent des coûts élevés.

Dans cette situation, certains producteurs préfèrent accepter de vendre leur électricité très peu chère, voire de payer pour qu’elle soit consommée, plutôt que d’arrêter leurs installations.

Le prix devient alors négatif simplement parce qu’il y a trop d’électricité par rapport aux besoins. Ce prix négatif sert de signal : il encourage à consommer davantage d’électricité ou à utiliser des équipements flexibles (comme le stockage ou certaines consommations pilotables), ce qui permet d’absorber le surplus d’électricité à moindre coût pour l’ensemble du système.

Comment en bénéficier en tant que consommateur

Lorsque les prix de l’électricité sont négatifs en Belgique, un consommateur résidentiel peut-il être payé pour allumer son four ? Cela dépend de son type de contrat d’énergie avec son fournisseur.

Un récent article analyse en plus de détail les différents types de contrat. Parmi ceux-ci, seul le contrat dynamique, qui module le prix de l’électricité au quart d’heure selon le marché, peut théoriquement profiter de ces situations.

Plusieurs contraintes importantes doivent cependant être mentionnées avant de souscrire à un tel contrat.

Premièrement, le prix du marché n’est pas appliqué tel quel au consommateur. En effet, celui-ci est tout d’abord majoré par le fournisseur afin de couvrir ses frais d’environ 0.01€/kWh. Ensuite, les frais réseau et les taxes sont ajoutées. Le prix de l’énergie ne représente qu’environ 50% de la facture pour un contrat classique. Un prix « marché » négatif de -0.1€/kWh pourrait correspondre à un prix consommateur total encore positif de 0.1€/kWh ! Le consommateur sera payé pour sa consommation uniquement si le prix est suffisamment bas pour aller jusqu’à rembourser les frais supplémentaires.

Deuxièmement, la volatilité du marché affectera le consommateur dans ses pics négatifs, mais également dans ses pics positifs. Les prix peuvent être très bas mais aussi très élevés à d’autres moments. Un contrat dynamique convient uniquement à ceux qui peuvent adapter fortement leur consommation en fonction des signaux du marché.

En pratique, cette flexibilité est surtout accessible aux installations industrielles ou aux particuliers équipés de batteries domestiques, de véhicules électriques ou d’autres moyens de stockage capables de consommer ou stocker de l’électricité selon le marché.