Prix des combustibles achetés par les ménages : un contexte toujours favorable aux énergies fossiles

Suite à la chute historique de la demande et du prix des énergies fossiles au premier confinement, l'évolution des prix au second semestre 2020 reste favorable aux énergies carbonnées. Le politique pourrait pourtant en tirer parti pour accélérer la transition énergétique.

 

Suite au premier confinement (printemps 2020) lié à la pandémie du coronavirus, la demande et le prix des énergies fossiles ont chuté sur le marché international, ce qui les ont rendues très attractives pour la relance économique post-crise. Dans un précédent article, nous analysions comment le politique pourrait en tirer parti pour accélérer la transition énergétique (lire notre article La chute du prix des énergies fossiles : menace ou opportunité pour une relance « verte » de l’économie ?).

Depuis lors, comment ces prix ont-ils évolué ?

Nous analysons ci-dessous en détail l’évolution des prix d’achat des principaux combustibles par les ménages belges, sur base du suivi de l’Observatoire des prix de l’énergie réalisé par l’APERe.

 

Analyse des tendances globales

 

Le graphique ci-dessous montre l’évolution des prix moyens unitaires, à monnaie courante, des différentes vecteurs énergétiques achetés par les ménages en Belgique.

Sources : CREG, SPF économie, ValBiom

 

Mazout de chauffage

 

Le prix du mazout de chauffage est directement influencé par l’évolution du coût du baril de pétrole. Durant le premier semestre 2020, avec le confinement d’une grande partie de la population mondiale, la demande de pétrole a chuté, causant une forte diminution des prix du baril.

En avril 2020, le baril de pétrole brent passait sous les 20$, soit le prix le plus bas en 20 ans. Durant le second semestre, la demande augmentait progressivement. Fin 2020, les prix se stabilisaient à des valeurs avoisinant les 50$ le baril. Le prix moyen du baril en 2020 (43$) reste toutefois le plus faible depuis 2004.   

Evolution du prix spot en Europe du baril de pétrole BRENT. Données sources : AIE, 01/2021.

 

Il n’est donc pas surprenant de constater que le mazout de chauffage a connu une forte diminution (-33%) au cours de ces 12 derniers mois pour descendre à 3.4 c€/kWh, soit le prix le plus bas observé depuis 2004. Depuis, le prix du mazout de chauffage augmente progressivement pour terminer l’année au prix de 4.50 c€/kWh (environ 0.48 €/litre).

 

Gaz naturel

 

Les prix du gaz naturel sont en forte baisse depuis début 2019 (- 34% sur les 12 derniers mois). Actuellement, le gaz naturel est d’ailleurs le seul combustible qui affiche un taux de croissance moyen annuel (TCAM) négatif sur le long terme (- 2.3 % sur les 5 dernières années).

Tendance d’évolution des vecteurs énergétiques achetés par les ménages sur les 5 dernières années.

En Belgique, les prix unitaires du gaz naturel diffèrent légèrement selon les gestionnaires de réseaux de distribution (GRD) et les Régions. En décembre 2020, la moyenne belge est de 4.52 c€/kWh, avec ces variations régionales : 5.2 c€/kWh en Wallonie, 4.4 c€/kWh à Bruxelles et 4.0 c€/kWh en Flandres.

 

L’électricité

 

L’électricité a également connu une baisse des prix entre les mois d’avril et août 2020. Elle reste toutefois le vecteur énergétique le plus cher.  Le prix de l’électricité peut varier fortement d’une Région à l’autre. Ces différences s’expliquent en bonne partie par la composante « réseau » et les niveaux de contributions régionales. En décembre 2020, la moyenne belge du prix de l’électricité est de 24.9 c€/kWh, avec des variations selon les Régions : 26.4 c€/kWh en Wallonie, 26.2 c€/kWh en Région flamande et 22 c€/kWh à Bruxelles.

 

Bois : Bûches, plaquettes, pellets

 

Le bois est le vecteur énergétique dont le prix unitaire est le plus stable et le plus bas : de 3 à 6 c€/kWh. Sur les 5 dernières années, les pellets (en vrac ou en sac) présentent une faible augmentation : +1% pour les des pellets pour atteindre en avril 2020 un coût de 5 à 6 c€/kWh.

 

Inflation

 

L’inflation est mesurée par le SPF Economie sur base de l’indice des prix à la consommation (IPC). Le taux d’inflation moyenne annuelle s’élevait à 0.74% en 2020 (contre 1.44% en 2019), tiré notamment vers le bas par la baisse des prix du mazout de chauffage, le gaz naturel ou encore l’électricité.

Figure : Evolution de l’inflation selon l’IPC et l’indice santé. Source : https://statbel.fgov.be