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Les prix de détails de l’énergie repartent à la hausse

Depuis mi-2017, les prix unitaires des principaux combustibles achetées par les ménages (gaz naturel, mazout, propane) repartent à la hausse en lien avec les tendances du prix international du baril de pétrole. Le bois (pellets) connait des valeurs de prix plus stables. Analyse de l’Observatoire belge des prix.

Analyse des tendances globales

Le graphique ci-dessous montre l’évolution depuis 2013 des prix moyens unitaires des différentes énergies achetées par les ménages en Belgique. Les évolutions sont contrastées par vecteur énergétique.

 

Figure : Evolution des prix unitaires moyens de ces dernières 5 années – Valeur à monnaie courante.
Sources : CREG, SPF économie, ValBiom ; Graphe : Observatoire des prix de l’énergie - APERe.

L’électricité est le vecteur énergétique le plus cher. Mais c’est aussi un vecteur à haute valeur énergétique. Elle peut être convertie en une forme utile avec de hauts rendements. Ce qui n’est pas le cas des combustibles qui génèrent de la chaleur dont le rendement de conversion en un travail mécanique est plafonné par la limite thermodynamique de Carnot.

Le prix de l’électricité varie fortement d’une commune à l’autre selon le gestionnaire de réseau de distribution (GRD). Des différences sont bien marquées entre les Régions. La Flandre présente l’électricité la plus chère et Bruxelles la meilleure marché. Ces différences s’expliquent en bonne partie par la composante « réseau » et les niveaux de contributions régionales.

Les sauts de prix constatés en avril 2014 et septembre 2015 résultent des changements de régime de TVA à l’échelle fédérale. Les autres sauts résultent de changements de tarif sur la composante régulée du prix (distribution, transport et contributions) généralement d’amplitude différente selon les politiques régionales.

Du côté des combustibles, le bois est le vecteur énergétique dont le prix unitaire est le plus bas et le plus stable. Les prix des combustibles fossiles sont influencés par le cours du baril de pétrole. Il s’agit d’un marché très volatil. L’évolution du prix de détail du gaz naturel suit les évolutions de son marché international, indirectement influencé par le prix du baril de pétrole.

Prix unitaires moyens (mars 2018) et tendances d’évolution

Le tableau ci-dessous reprend les prix unitaires appliqués au mois de mars 2018 et les tendances observées ces 12 derniers mois et ces 5 dernières années (Taux de croissance annuel moyen – TCAM -, calculé sur une courbe de tendance de la période concernée).

Tableau : Prix unitaires et tendances d’évolution sur base du taux de croissance annuel moyen (TCAM) des principales énergies achetées par les ménages – mars 2018.

Nous analysons ci-après les évolutions de prix par vecteur énergétique (bois, gasoil de chauffage, gaz naturel, électricité), ainsi que l’inflation (Indice des prix à la consommation)

Bois : Bûches, plaquettes, pellets

L’ensemble des combustibles bois sont moins chers (3 à 5 c€/kWh) et présentent des tendances d’évolution moins fluctuantes.

Le marché des bûches peut varier sensiblement selon les conditions locales. On observe récemment une légère augmentation de prix. L’association ValBiom l’explique par l’arrivée d’acteurs plus professionnels, avec un service et une garantie de qualité, qui tirent les prix vers le haut. Malgré tout, on observe encore des prix très bas individuellement : bois importé de l’Europe de l’Est, petits producteurs locaux, …

Du côté des pellets, malgré la remontée de prix du mazout, la tendance de ces 12 derniers mois est stable : +0,6%. Sur le long terme, la tendance est légèrement à la baisse (-1,4%).

Mazout de chauffage

Le prix du gasoil de chauffage est directement influencé par les cours internationaux du pétrole brut et du dollar (taux de change). Ils évoluent par vagues au gré des évènements géopolitiques. Il a connu un niveau bas record de 3,7 c€/kWh en janvier 2016. Il est aujourd’hui à 5,7 c€/kWh.

A court terme (mars 2017-mars 2018), il a connu une forte hausse de ≈+16% (TCAM). Sur le long terme, la tendance des 5 dernières années est une baisse de ≈ -11% (TCAM).

La figure ci-après présente l’évolution internationale du prix du baril de pétrole BRENT. Depuis début 2016, on observe une tendance à la hausse.

Figure : Evolution du prix spot en Europe du baril de pétrole BRENT. Données sources extraites en avril 2018 : EIA. Graphe : Graphe : Observatoire des prix de l’énergie - APERe.

Gaz naturel

Les prix unitaires du gaz naturel diffèrent légèrement selon les gestionnaires de réseaux de distribution (GRD) et les Régions (prix unitaire plus élevé en Wallonie). En mars 2018, la moyenne belge est de 5,9 c€/kWh, avec ces variations régionales : la Flandre 5,4 c€/kWh, la Wallonie 6,5 c€/kWh et Bruxelles 5,8 c€/kWh.

Les prix du gaz naturel montrent une « évolution par vagues » en phase avec les tendances du marché international.

A court terme (12 derniers mois), la tendance est globalement à la hausse : +7,1% en Belgique (+5,8% en Wallonie, +8,3% à Bruxelles, +7,3% en Flandre). A plus long terme (ces 5 dernières années), la tendance est à la baisse : -4,3% pour la Belgique (-2,5% en Wallonie, -4,7% à Bruxelles, -5,8% en Flandre).

La figure ci-après présente l’évolution internationale du prix du gaz naturel. On observe une nette tendance à la hausse du prix international du gaz naturel depuis juillet 2017.

Figure : Evolution du prix courant du gaz (marché international long terme M+1) entre 2012 et janvier 2018 (€/MWh). Henry HUB : USA ; PEG Nord : FR ; NCG, GASPOOL : DE ; TTF, ZIG : BE, NBP : UK. Source : tableau de bord de la CREG.

Electricité

Comme pour le gaz naturel, les prix moyens de l’électricité diffèrent légèrement selon les gestionnaires de réseaux de distribution (GRD) et les Régions (en moyenne, Bruxelles est meilleur marché).

En mars 2018, la moyenne belge est de 26,3 c€/kWh (la Flandre 29,6 c€/kWh, la Wallonie 26,4 c€/kWh et Bruxelles 23,0 c€/kWh). Ces différences de prix entre Régions découlent des différences de prix de la composante « réseau » spécifique à chaque GRD.

Les sauts de prix observés découlent du changement de régime TVA, qui est passé de 21% à 6% en avril 2014 et de 6% à 21% en septembre 2015.

Depuis janvier 2015, les régulateurs du marché de l’électricité et du gaz sont compétents pour approuver les tarifs de la composante « réseau ». Ainsi, les sauts observés sont la conséquence de l’approbation des nouveaux tarifs annuels.

Sur la période 2013-2018, les prix de l’électricité ont d’abord présenté une légère tendance à la baisse jusque début 2015. Depuis, ils présentent une tendance à la hausse.

A court terme (12 derniers mois), la tendance est globalement à la hausse : +2,7% en Belgique, mais très contrastées selon les régions : +5,5% en Wallonie, +13% à Bruxelles, -5,8% en Flandre. A plus long terme (ces 5 dernières années), la tendance est à hausse dans toutes les régions : +5,7% pour la Belgique (+3,1% en Wallonie, +1,3% à Bruxelles, +12% en Flandre).

Les évolutions du prix de marché de gros influencent la composante commodité du prix de l’électricité. Mais celle-ci ne représente qu’un tiers du prix (TVAC). Son impact est donc moins marqué sur le prix moyen de l’électricité. La figure ci-après présente l’évolution internationale du prix de l’électricité.

Après une baisse continue depuis 2011, le prix international de l’électricité est en hausse à partir de 2016. Il se situe actuellement autour de 40 €/MWh.

Figure : Evolution du prix courant de l’électricité (marché international long terme Y+1) en Belgique, Pays-Bas, Allemagne et France entre 2011 et janvier 2018. Source : Tableau de bord de la CREG.

Inflation

L’inflation est mesurée par le SPF Economie sur base de l’indice des prix à la consommation (IPC). L’inflation mensuelle du mois de mars 2018 a été de 1,39%. La moyenne géométrique sur la dernière année a été de 1,5%. Sur la dernière période de 5 ans, elle a été de 1,2%.

Figure : Evolution de l’inflation mensuelle. Source : SPF Economie.

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