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Le biogaz pourrait alimenter 1 foyer wallon sur 2

Selon une étude de ValBiom, le biogaz possède un potentiel réaliste en Belgique de 15,6 TWhpcs. Deux tiers pourrait être injectés dans les réseaux existants de gaz naturel. Cette filière pourrait contribuer de manière importante aux objectifs renouvelables belges.

La fédération Gas.be, qui représente les gestionnaires belges de transport et de distribution du gaz naturel, a commandé à ValBiom une étude sur le potentiel du biogaz – ou biométhanisation - en Belgique. Cette étude vient de paraître et nous éclaire sur cette filière renouvelable méconnue.

En voici les principaux enseignements.

Le potentiel de biogaz réaliste en Belgique est de 15,6 TWhpcs. Le gisement wallon pourrait à lui seul représenter près de 50 % de la consommation du réseau de distribution : en d’autres termes, 1 foyer wallon sur 2 pourrait être alimenté en biométhane.

Sans surprise, l’agriculture concentre le plus gros apport du gisement, environ 80 %. Par conséquent, la biométhanisation n’atteindra son potentiel qu’avec la mobilisation massive de l’agriculture, qui peut saisir l’opportunité de devenir un pivot de l’économie circulaire dans les zones rurales. Les agriculteurs deviendront alors fournisseurs de denrées alimentaires, recycleur de déchets organiques, producteurs d’énergie, créateurs d’emplois et donc pleinement moteurs de la transition énergétique et agro-écologique.

Le potentiel se trouve surtout dans les zones agricoles de grandes cultures, notamment en Hesbaye.

Le reste du potentiel (environ 20 %) mérite d’être valorisé : les boues de station d’épuration, par exemple, constituent une part importante du potentiel exploitable.

 

Une contribution importante aux objectifs belges

 

Le Plan National Énergie Climat, qui doit être finalisé et remis à l’Europe fin 2019, prévoit une augmentation de la production d’énergie renouvelable de 19,1 TWh entre 2020 et 2030.

Le potentiel réaliste de biométhane en Belgique pourrait combler 82 % de cet effort, répondant également aux objectifs de décarbonation du transport. Consacré à 100 % à la mobilité au gaz naturel (CNG), le biométhane pourrait alimenter près de 2 millions de voitures particulières.

Par ailleurs, l’exploitation du potentiel réaliste permettrait d’éviter 6.000.000 tonnes de CO2 eq/an, soit environ 88 % de l’économie à réaliser d’ici 2030.

 

2/3 injectable dans les réseaux de gaz existants

 

L’analyse cartographique de la localisation des gisements et des réseaux de gaz existant a permis d’évaluer la capacité d’accueil de ces réseaux.

Il en ressort que plus de 2/3 du potentiel de biogaz pourraient être injectés dans les réseaux existants de gaz naturel. La valorisation du dernier 1/3 nécessiterait de nouvelles infrastructures.

 

Le biogaz coûte plus cher

 

L’analyse du coût actualisé de l’énergie (Levelized Cost of Energy) montre que la biométhanisation reste et restera plus cher que le gaz naturel. Les perspectives de diminution de ces coûts sont faibles.

Mais le biogaz produit beaucoup plus que de l’énergie…

 

Une économie circulaire en milieu rural

 

Le biométhane offre de nombreux bénéfices environnementaux, agricoles et sociaux, qui méritent d’être pris en compte dans la mise en œuvre d’une économie circulaire en milieu rural.

L’étude a cartographié ces « externalités positives » (schéma ci-dessous).

 

Au final, selon ValBiom, « une révision approfondie du cadre de soutien et une juste rémunération des externalités permettront de donner toutes ses chances à la filière. Les pouvoirs publics ne doivent plus voir des coûts mais bien des investissements dans un modèle d’avenir ! »

La production européenne de biométhane, encore modeste, connaît néanmoins une forte croissance, tirée par quelques pays leaders tels que l’Allemagne, les pays scandinaves et la Suisse.

 

Innovations technologiques

 

Enfin, l’étude montre les complémentarités technologiques à développer avec les énergies renouvelables intermittentes :

• Le bioCO2, qui produit du CO2 totalement d’origine biologique ;

• Le power-to-methane, qui permettrait de stocker les surplus de production éolienne et photovoltaïque sous forme d’hydrogène puis de méthane.

 

 

Lire également notre article La biométhanisation : un bilan carbone positif.

 

 

Catégorie: 
Actualité Belgique
Filière: 
2

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