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A la poursuite de la chaleur verte

Le Cluster TWEED publie une cartographie des acteurs wallons et bruxellois de la chaleur verte. On y constate une certaine frilosité des décideurs politiques et industriels ; mais aussi la diversité des champs d’activité laissés en friche faute d’ambition partagée…

Cette quatrième cartographie du cluster TWEED contraste avec les trois précédentes. On est loin du foisonnement d’activités qui transparaissait dans les chaînes de valeur de la biomasse-énergie,  de l’éolien et du solaire photovoltaïque. Avec la chaleur verte, on se situe pourtant bien en plein dans une filière de production – le chauffage – qui représente pas moins de 45 % de la consommation d’énergie finale de l’Union européenne ! 

Le constat est là : le nombre d’acteurs répertoriés en Wallonie et à Bruxelles possédant des compétences intégrables dans les chaînes de valeur des quatre sous-filières prises en compte – géothermie, pompes à chaleur, solaire thermique, biomasse résidentielle – s’avère, toute proportion gardée, nettement moins élevé que dans les trois filières étudiées précédemment. Le cluster a identifié 65 acteurs « seulement » pour la chaleur verte (entreprises, centres R&D, acteurs de la formation), contre 90 pour la biomasse-énergie, 80 pour l’éolien et 70 pour le photovoltaïque. Les initiateurs de la recherche ont beau nuancer, en soulignant que tous les acteurs répertoriés n’ont pas (encore) répondu à l’appel, ce manque d’empressement ne fait que souligner la frilosité des acteurs impliqués…

Cette prudence reflète sans doute le peu de place accordée à la chaleur verte dans le Livre Vert européen balisant notre avenir climatique à l’horizon 2030. Dans le domaine du chauffage, l’Union européenne a davantage concentré son action sur la demande d’énergie, avec les directives sur la performance énergétique des bâtiments et l’efficacité énergétique.

Mais si la Wallonie et Bruxelles ne regorgent pas de poules aux œufs d’or, cela s’explique aussi par un contexte propre à nos Régions. Les acteurs industriels y sont confrontés à des obstacles qui rendent leur implantation et leur progression plus laborieuses qu’ailleurs :

- Géothermie profonde : coûts d’investissement élevés, manque d’expertise locale, absence de cadre règlementaire pour l’exploitation du sous-sol et lourdeurs administratives ;

- Pompes à chaleur : manque d’expertise locale et de formation, concurrence avec d’autres filières plus économiques et nombreux contre-exemples du passé ;

- Solaire thermique : manque d’acteurs technologiques « pointus », défaut de qualification des installateurs, concurrence et ombre portée par l’essor du solaire photovoltaïque qui s’empare des surfaces des toitures.

Le potentiel de ces filières n’en est pas moins considérable, comme en témoigne la position de certains acteurs de niche. L’entreprise Arceo se place ainsi numéro quatre mondial sur le marché des absorbeurs solaires.

Deux derniers secteurs seront analysés par TWEED d’ici 2016 : les smartgrid (y compris le monitoring  et le demand side management) et les technologies de stockage (électrique et thermique).

Toutes les cartographies du cluster sont désormais valorisées sur le portail rewallonia.be

Catégorie: 
Actualité Belgique
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